Une note interne, classifiée “Diffusion restreinte”, circule depuis quelques jours sous le manteau. Référence sèche : DAS/MECH/1990-A. Sujet : le MECH (МЕЧ), “le Glaive”.
Alerte au complot ? Pas si sûr.
Le texte part d’un constat simple : après 1990, les réseaux clandestins ne se sont pas évaporés avec le mur de Berlin. Ils se sont recomposés. Recyclage de personnels spécifiques, de méthodes, de circuits financiers. Continuité discrète. Le document évoque cette transition sans lyrisme aucun, mais certains passages sont noircis : XXXXXXXX XXXXXXXX XXXXXXXX.
Le MECH y apparaît comme une structure hybride, opérant entre intérêts privés et besoins stratégiques inavouables. Pas une idéologie. Un service. Une offre. Un prestataire de l’ombre capable d’agir là où les États préfèrent détourner le regard.
On y lit aussi que la neutralisation de certains cadres n’affecte pas l’ensemble. Architecture décentralisée. Résilience. Coordination centrale mentionnée, mais XXXXXXXX XXXXXXXX XXXXXXXX.
Le plus inquiétant n’est pas ce qui est écrit. C’est ce que cela normalise.
Optimisation de crises logistiques. Activation indirecte de tensions régionales. Arbitrages géopolitiques non attribuables. Le tout présenté comme une mécanique presque rationnelle.
On peut toujours hausser les épaules et parler de fiction. Après tout, Saint Val évolue dans ce type d’écosystème depuis plusieurs dossiers. Mais lorsqu’une note administrative décrit exactement le type de structure qui, dans ces romans, opère en arrière-plan, la frontière entre imagination et hypothèse stratégique devient moins confortable.
Dans le prochain Saint Val, le MECH ne sera peut-être pas nommé. Il ne l’est jamais longtemps. Mais si certaines décisions paraissent trop cohérentes pour être accidentelles, il ne faudra pas s’étonner.
Le reste demeure sous XXXXXXXXXXXXX.
Et c’est probablement là que ça se joue. Ceci n’est pas sans rappeler une autre note plus ancienne.
